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mercredi 23 mars 2011

Bruce Springsteen - Dancing In The Dark (1984)


(c) lescharts.com


En 1984, la Bossmania déferle sur le monde entier (bon, à part en France, bien sûr, où le titre ne se classera qu'à une malheureuse 30ème place). Avec l'album "Born In The USA", Bruce Springsteen envahit les ondes avec des morceaux rocks FM du meilleur goût et d'une efficacité rares (7 singles tout de même, ce qui est honnête sur un album de 12 morceaux).

"Dancing In The Dark" reste dans les mémoires, car il s'agit sans doute de la première tentative de la part de Bruce de s'illustrer dans l'exercice si particulier du scopitone. On ne peut pas parler ni de franche réussite ni d'une originalité extraordinaire, car faire du play-back filmé devant une audience type concert, on a déjà vu plus novateur... Et en plus Bruce n'a pas l'air terriblement à son aise.

Un clip qui a surtout un nom assez ronflant à la réal., un certain Brian de Palma (dont on ne reconnaît pas forcément tout de suite les principales qualités) et qui fût l'occasion pour la toute jeune Courteney Cox de montrer son joli minois (il lui a fallu quand même 10 ans pour éclater au grand jour avec Friends...).




En cadeau bonux, une superbe prise alternative, avec bretelles intégrées, toujours réalisé par Brian de Palma : il aurait été vraiment champagne de faire de cette vidéo un clip officiel.





Plus une petite version live, car Bruce en live, y a que ça de vrai : reviens nous voir Bruuuuuuuce !!!





Il y a plein de covers toutes molles de ce morceau (Pete Yorn, The Temper Trap, Teagan & Sara, Amy McDonald...) dont je vous fais grâce : alors oui, je vous l'accorde, une chanson avec des paroles assez sombres comme celle-ci pourraient se prêter à un rythme mollasson et mou du genou... mais non ! Et puis d'abord, on oublie pas impunément la petite touche de saxo de Clarence Clemons, non mais !


mercredi 14 juillet 2010

Bruce Springsteen- Jungleland (1975)



Le Boss, une des plus belles pièces de l'histoire du rock américain. Bruce Springsteen, c'est le rockeur social par excellence, celui qui est à l'écoute de son pays, de ses maux, de ses douleurs, de son mal être : en un mot, un type proche du peuple américain et de ses racines, et non pas du côté bling bling et tape à l'oeil dont on nous abreuve à longueur de journée de par chez nous petits européens, pour nous faire rêver à un Eldorado lointain et séduisant.

D'une noirceur et d'un pessimisme parfois très marqué, il n'en demeure pas moins que ses textes et ses musiques savent faire ressortir une douce mélancolie, une vision réaliste des choses et du quotidien des petites gens, tout en laissant toujours une pointe d'optimisme. Peindre le tableu en rose n'est pas sa fonction première, mais le noircir totalement non plus, Bruce décrit la vie, la vraie, avec ses hauts, ses bas, ses moments de doute et de peine, tout en célébrant à chaque chanson l'humanité qui se trouve en chaque personne, quelle que soit sa strate sociale, quelle que soit sa couleur de peau. L'archétype même du chanteur engagé et citoyen par excellence.

En 1975, Bruce a un peu de mal à se faire une place au soleil des charts américains. Ses deux premiers albums, aux qualités indéniables, n'ont pas encore trouvé leur public, ou tout du moins ne réalise pas les scores commerciaux escomptés. Alors arrive en 1975 le cultissime "Born To Run", album de la dernière chance, qui se transformera en album de la naissance d'une icône.

40 minutes de bonheur, de rock, de ballade, d'émotion, de tristesse, de gaiété, 40 minutes qui résument la vie américaine au sens général, 40 minutes qui font frissonner voire pleurer. C'est avec le E Street Band, fabuleux groupe de musiciens (le regretté Danny Federici à l'orgue, Roy Bittan au Piano, Steven Van Zandt à la guitare, Max Weinberg à la batterie, Garry W. Tallent à la basse et le sublissime Clarence Clemons au saxophone), qu'il enregistrera cet album considéré comme l'un des plus grands albums de tous les temps ( ce que je plussoie très aisement).

L'album se termine par une chanson d'une dizaine de minutes, "Jungleland", moment d'une grâce que je trouve incroyable, où chaque instrument est magnifié (l'intro au piano, la montée de l'orgue, le solo de guitare, sans parler de cet exceptionnel solo de saxophone qui me fiche le frisson à chaque fois). Morceau épique contant l'histoire d'un petit caïd tiraillé entre l'amour et un rapport conflictuel avec les forces de l'ordre qui causera sa perte, "Jungleland" est décomposé en plusieurs parties. Une structure à plusieurs étages qui montre tout le talent du Boss pour narrer ce genre de petite histoire.

Chapeau l'artiste, j'attends ton prochain passage en France de pied ferme ;-)

Deux versions pour cette merveille, une de 1975 à l'Hammersmith Odeon de Londres, avec un bon vieux bonnet rasta.





La 2ème, remarquable également, 26 ans plus tard à New York City


lundi 18 janvier 2010

Bruce Springsteen - The Ghost Of Tom Joad (1995)


(c) lescharts.com


La honte, j'ai toujours pas parlé du Boss. Bruce Springsteen, l'Amérique personnifiée en chanson et en rock dans ce qu'elle a de meilleur, un type qui devrait être inscrit au Patrimoine mondial de l'Unesco tellement il est bon. Plus de 35 ans qu'il enchante les oreilles des States, et les nôtres aussi par la même occasion.

Ici, nous sommes en 1995, et Bruce vient juste de sortir un greatest hits. Pour l'occasion, il a composé plusieurs titres inédits, dont "The Ghost Of Tom Joad", qui lui a été inspiré par la lecture et la vision des "Raisins de la Colère", très beau livre de Steinbeck et très beau film de John Ford avec l'extraordinaire Henry Fonda dans le rôle titre (pareil faudrait que je le regarde, ça fait un bail que je l'ai pas vu). Traitant de la Grande Dépression de la fin des années 20, cette oeuvre répond aux critères sociaux chers à la plupart des chansons du Boss.

Le souci, c'est que les sessions d'enregistrement avec son groupe fétiche "The E Street Band" ne lui plaisent guère pour ce titre. Alors il décide de la garder pour plus tard : ce sera pour un album acoustique, un disque épuré et magnifique qui renoue avec les heures de gloire de Bruce. C'est un peu son "Nebraska" des années 80 toutes proportions gardées.

Le clip n'a semble t'il rien d'officiel, mais cet espèce de vision noir et blanc dans un rétroviseur de photos et d'images prises ca et là vont remarquablement bien avec le son.


Bruce Springsteen - The Ghost Of Tom Joad




En cadeau, la reprise des "Rage Against The Machine" qui interprète à la manière musette-symphonique cette magnifique chanson : une terrible version d'un calme et d'une tranquilité particulièrement apaisants...


Et puis un duo assez exceptionnel entre le Boss et Tom Morello





J'aurai pu mettre la version de Nickelback (oui, j'aurai pu...).